Les deux loups

(une fable cherokee)

aletheiaAug 12, 2026

Baptiste Morizot est un philosophe militant, passionné par l'écologie, les logiques du vivant et par... les loups (!)... dont il a appris à suivre les pistes et à imiter les hurlements.

Il est par ailleurs très influencé par la pensée des anthropologues Philippe Descola, Eduardo Viveiros de Castro, Charles Stépanoff et Nastassja Martin.

Dans son ouvrage Manières d'être vivant. Enquêtes sur la vie à travers nous (Actes Sud, 2020), la quatrième partie s'intitule « Cohabiter avec ses fauves ». Elle commence sur cette phrase (p. 177 de la première édition), je cite :

« Je veux pister ici les métamorphoses des animaux intérieurs. »

Un peu plus loin dans cette partie (p. 188), dans un paragraphe intitulé « Platon contre les Cherokees », Morizot rapporte en substance, un “conte” cherokee –dont il ne nous dit malheureusement pas où il en a pris connaissance– de la façon suivante, je cite :


« En tout humain il y a deux loups, dit le vieux sachem.

Un noir et un blanc.

Le noir est sûr de son dû, effrayé de tout, donc colérique, plein de ressentiment, égoïste et cupide, parce qu'il n'a plus rien à donner.

Le blanc est fort et tranquille, lucide et juste, disponible, donc généreux, car il est assez solide pour ne pas se sentir agressé par les événements. »

Un enfant qui écoute l'histoire lui demande :

« Mais lequel des deux suis-je, alors ?

— Celui que tu nourris. »



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